Florent Groc

Peinture

ARTISTE PEINTRE GRAPHISTE

Né en 1987, Florent Groc a longtemps vécu à Paris, loin des collines de Pagnol et de son enfance. Fasciné par leur caractère abrupte, sauvage et sincère, il manie la gouache et le feutre dans le but de se les remémorer, de les habiller de patterns et textures, définissant un nouvel horizon éclatant.

Inspiré tantôt des paysages tourmentés de Van Gogh, tantôt de ceux de David Hockney aux couleurs vives, l’artiste manipule les formes et les couleurs jusqu’à l’abstraction, révélant in fine une figuration simplement suggérée, une personnification du paysage. Tout comme le Massif de l’Étoile, dont « la géologie se caractérise par des roches de calcaire dolomitique qui ressemblent parfois à des personnages bizarres. »

Par sa référence aux paréidolies, l’œuvre de Florent Groc constitue un univers fondé sur les apparences et les expériences cognitives individuelles, nous questionnant ainsi sur nos interprétations du monde qui nous entoure.

« Un paysage vint trouver le ciel. Bien qu’affairé, le ciel lui indiqua un siège. Le paysage s’assit, chercha longtemps ses mots, comme on cherche une saison, et finit par prendre la parole : « Je croyais ma surface établie pour cela ; mais chaque fleur nouvelle – chaque perce-neige – est une douleur nouvelle. » Le ciel fit grise mine. Le paysage poursuivit : « J’ignore d’où vient l’eau blanche de mes ruisseaux, avant leur source, le sang de mes bestiaux, avant leur chair. J’ai oublié comment tout cela fut. » Il y eut un silence. Était-ce déjà fini ? Le ciel se redressa en crachant un stratus, et fit résonner une voix plus sombre : « Mon ami, les petits d’hommes dessinent depuis l’enfance ; nous n’avons point d’enfance. Les vivants voient en couleurs ; nous ne voyons point. Les usines fabriquent des feutres, nous fabriquons des vents pour chasser leurs fumées. Les cités font des Munch, des Seurat, des Hockney et des Van Gogh ; nous ne faisons rien. Vous et moi ne sommes que volcans, spectres de lune et goémons verts. Souffrez que le monde sommeille en vous – et même, en dehors de vous. Voyez, par exemple, Florent Groc. Il habite Paris. C’est un peintre. » Sur ces mots, plus éclairé de raisonnements que désert égyptien, notre paysage extirpa un miroir de poche de son sac à main, et inspecta son maquillage. Il était beau. Il était prêt. « 
Arthur Dreyfus

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